Une chirurgie orthopédique — prothèse de genou ou de hanche, ligamentoplastie, arthroscopie, fixation de fracture — n'est jamais une fin en soi. C'est le point de départ d'un parcours de récupération qui détermine, en grande partie, le résultat final. La rééducation kinésithérapique en est la pierre angulaire.
Pourquoi rééduquer après chirurgie
Après une intervention, le corps a besoin de retrouver progressivement sa fonction. L'immobilisation, même courte, entraîne une perte de force musculaire, une raideur articulaire et une modification des schémas moteurs. Sans rééducation structurée, ces déficits peuvent persister durablement.
La rééducation post-opératoire ne se résume pas à des exercices. Elle suit un protocole précis, en accord avec le chirurgien, qui respecte les délais de cicatrisation tissulaire tout en maintenant l'organisme actif.
Les phases de la récupération
On distingue généralement quatre phases : protection (J0 à J15), récupération de l'amplitude articulaire (J15 à J45), renforcement musculaire (J45 à J90), et réintégration fonctionnelle (J90 et au-delà). Les délais varient selon le type de chirurgie.
Chaque phase a ses objectifs et ses limites. Par exemple, après une ligamentoplastie du genou, courir trop tôt risque de fragiliser la greffe. À l'inverse, attendre passivement la cicatrisation expose à l'amyotrophie. C'est tout l'art du kinésithérapeute de doser.
Le rôle du kinésithérapeute
Le kinésithérapeute n'est pas un simple exécutant. Il évalue la cicatrisation, ajuste les charges, surveille les signes d'alerte (œdème persistant, douleur inhabituelle), et fait le lien avec votre chirurgien. C'est aussi votre meilleur soutien moral dans les phases plus longues ou plus difficiles.
Notre rééducation fonctionnelle et notre rééducation traumatologique couvrent toutes les suites de chirurgie orthopédique, du membre supérieur au membre inférieur en passant par le rachis.
Calendrier et patience
Quelques repères : une prothèse de genou demande 3 à 6 mois pour atteindre un confort optimal, une ligamentoplastie 6 à 9 mois pour un retour au sport, une fracture du poignet 2 à 3 mois pour récupérer une fonction normale. Les premiers progrès sont rapides ; les derniers, plus lents.
Le facteur clé est l'engagement : pratiquer les exercices à domicile entre les séances multiplie les progrès. Une consultation préopératoire ("préhabilitation") est également de plus en plus recommandée pour aborder l'opération dans les meilleures conditions.
